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PHOTO NATURE : L'ÂME DE LA TERRE

La peinture : une école pour se renouveler en photo ? 3. La composition et le centre


 
Clic/agrandir. Les sujets ne sont pas les mêmes en peinture et en photo mais la nature offre des points de convergence intéressants.

Par rapport à la peinture, la photo donne moins de liberté et surtout, la notion de sujet est fort différente. Scènes bibliques, portraits et natures mortes marquent des étapes dans l'histoire de la peinture ; rien de tout cela en photo. Nos sujets sont plus proches du réel, aussi pour y donner une dimension plus universelle voire cosmique, il faut chercher. Pour l'instant, seule la macro m'a permis de toucher ne fut-ce qu'un peu ce côté, justement parce que la composition y est plus libre.

On pourrait croire que le photographe est obligé de composer avec la réalité mais en macro il n'en est rien : quand le plan de netteté est étroit, on peut faire apparaître des formes et des couleurs dont l'asssemblage constitue un tableau qui n'existe pas dans le réel, lequel est en relief alors que le tableau est plan.

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La peinture : une école pour se renouveler en photo ? 2. Couleurs vives, couleurs ternes


 
Les couleurs pastels font souvent penser à la peinture alors que les tons criards évoquent l'infographie. Une telle photo serait jetée ou même, pas faite, par la plupart des photographes, à cause du manque de lumière. Clic/agrandir

Cet article est la suite de 1. Traits et touches de peinture

Voir un tableau dans un musée et le comparer à ses photos, voire à une photo dudit tableau, c'est un choc assuré. Quelle différence de tons ! Les couleurs sont plus ternes en peinture que dans la réalité, souvent même différentes ; le spectre ne recouvre en aucune manière celui mis en évidence par la photo.

À l'inverse de la peinture, les couleurs en photo tendent à être plus vives que la réalité ; il y a également bien moins de bleu qu'en peinture, et quand il y en a, on s'échine à l'enlever au post-traitement car, hormis au bord de la mer, une photo bleue paraît grise si le bleu est terne, et artificielle si le bleu est vif.

Voyons les conséquences de telles différences et comment en tirer parti pour renouveler l'approche de la couleur en photographie (à notre modeste niveau).

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[Composition] La peinture : une école pour se renouveler en photo ?


 
Clic/agrandir. S'inspirer et ne pas tenter d'imiter.

On entend souvent dire que les photographes manquent de culture artistique et de culture de l'image. Je ne vais pas aborder les choses sous cet angle mais vous donner envie d'utiliser la peinture comme source d'inspiration, même si vous n'y connaissez rien.

La peinture est suffisamment différente de la photo pour qu'on puisse y chercher quelque chose qui n'existe pas en photo, et de le chercher donne une autre vision du cadre. Chaque discipline a son univers, ses contraintes et ses lois propres : on ne peut pas copier mais on peut transposer. Ou traduire, je préfère ce terme car il ne s'agit pas uniquement de transposer, mais de s'inspirer, de se laisser aller ou simplement d'en tirer des idées et des enseignements. Voyons comment dans le premier article d'une série : 1. Traits et touches de peinture. 2. Les couleurs. 3. La composition.

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[Technique] Qu'est-ce qu'une photo ? Du cadre au point de vue


Une photo, c'est d'abord un œil, bien entendu. Clic/agrandir (photo naturelle)

Tenter de répondre à une telle question, suis-je devenu fou ? Il n'existe évidemment pas de réponse toute faite et encore moins de réponse définitive mais je vous propose une petite réflexion autour de ce thème.

La plupart des photographes aiment rappeler que selon son étymologie, la photo est le fait de graver avec la lumière…

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[Composition] Comment ai-je pu ne pas voir ça ?


    

Jolie petite scène, surtout recadrée ! Clic/agrandir

On dit souvent qu'être photographe, c'est avoir l'œil. Aussi ne suis-je pas peu fier quand un visiteur d'une de mes expos me dit d'un air admiratif que j'ai l'œil. Ah, voilà qui fait du bien à l'ego, comme on dit de nos jours pour parler de la satisfaction d'un besoin narcissique primaire, tout aussi nécessaire qu'être aimé. Bref.

Ce que dit le public, c'est bien, ce que se dit le photographe est souvent moins amène…

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[Technique] Composition : Profondeur de champ et plan de focalisation


Note : cet article s'insère dans une série commencée par une réflexion générale : La composition est une abstraction. Il n'est pas une leçon de photo, il a juste pour but de faire réfléchir en proposant un point de vue particulier.

Clic/agrandir. Dans ce type de photo, ce qui compte est le plan de focalisation. Un centimètre d'écart (voire moins), et le monde change, la photo est différente. L'œil voit en relief et la photo est plane, elle montre donc, via le plan de focalisation, un assemblage qui n'existe pas en réalité !

Si le cadrage détermine ce qu'on va montrer en hauteur et largeur, la profondeur de champ détermine ce qu'on va montrer en profondeur. C'est tout bête mais si on le formule comme ça, on comprend que la profondeur de champ concourt au processus d'abstraction qu'est la photo, au lieu d'être l'ennemie de beaucoup.

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[Technique] Composition : La focale et le cadre


Note : cet article s'insère dans une série commencée par une réflexion générale : La composition est une abstraction. Il n'est pas une leçon de photo, il a juste pour but de faire réfléchir en proposant un point de vue particulier.

Clic/agrandir. L'important en grand-angle est souvent de remplir le cadre, surtout comme ici au 18 mm. La réussite de cette photo tien aussi à une illusion d'optique : il n'y a en fait pas de plan moyen car le point de vue élimine le vallon et donne l'impression que la montagne est au-dessus du lac.

La focale est un moyen de déterminer le cadre global mais il est plus intéressant de s'en servir en fonction du point de vue. C'est là une grosse différence entre les zooms et les optiques fixes. Avec un fixe, si on en change, c'est souvent pour changer également de point de vue.

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[Technique] Composition : Le point de vue


Note : cet article s'insère dans une série commencée par une réflexion générale : La composition est une abstraction. Il n'est pas une leçon de photo, il a juste pour but de faire réfléchir en proposant un point de vue particulier.

Clic/agrandir. Sans ce point de vue à ras du sol et en diagonale par rapport à la lumière, la photo serait plate et on verrait surtout le fouillis en haut à gauche.

Le point de vue est souvent l'oublié des photographes débutants… mais aussi des confirmés « routiniers ». Qu'est-ce que le point de vue ? C'est évidemment le point duquel on regarde. Évident, n'est-ce pas ? Eh bien non. Le point de vue n'est pas uniquement le point duquel on observe, mais également la manière dont on regarde les choses. Le point de vue personnel sur les choses est ce qui va déterminer le point de vue physique.

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[Technique] Composition : l'ombre


 
    

 Clic/agrandir. Deux échelles différentes mais même type d'effet. Les arbres ou l'armérie ont beau ne pas être d'une netteté parfaite et un peu cramés, l'effet est saisissant. Le graphisme prend le pas sur la réalité.

Note : cet article s'insère dans une série commencée par une réflexion générale : La composition est une abstraction. Il n'est pas une leçon de photo, il a juste pour but de faire réfléchir en proposant un point de vue particulier.

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[Technique] Composition : la lumière


Il ne s'agit pas ici de faire un cours de photographie mais d'aborder certains aspects d'après le point de vue La composition est une abstraction. Je me cantonnerai au paysage, à vous de traduire pour vos sujets.

C'est bien connu, au commencement est la lumière, qui sculpte les formes, souligne ou enlève, renforce ou adoucit. Mais choisir son éclairage, c'est-à-dire en extérieur ses heures, dans quel but ? Sans dessein, pas de dessin : il faut savoir ce qu'on veut représenter pour utiliser la lumière à son avantage.

La lumière est bonne si les ombres sont plus longues que la hauteur du sujet, les meilleures heures étant deux heures après le lever du soleil et deux heures avant son coucher. Même la meilleure lumière n'est pas toujours suffisante à de bonnes photos (de même qu'un beau paysage suffit rarement à faire une bonne photo). La lumière rasante met tout en valeur mais si on néglige les points que nous allons aborder, on sera déçu. (Note : si on ne veut pas du tout d'abstraction, c'est-à-dire représenter les choses telles qu'elles sont, il vaut mieux un temps couvert ; les couleurs sont alors plus justes et les ombres n'accentuent pas le relief).

   

Clic/agrandir. Photo 1 : La lumière rasante se trouve à diverses heures en montagne, selon les versants. En soi elle ne suffit pas, il ne faut tout de même pas oublier une composition simple et harmonieuse. Photo 2 : Le jeu des ombres et des lumières permet d'isoler l'arbre du fond et de renforcer l'effet de la belle lumière. 

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[Technique] La composition est une abstraction


Il semble évident que photographier c'est avant tout reproduire le réel, donc le contraire de l'abstraction. Est-ce si évident ? Le but de cet article n'est pas de parler de l'abstrait proprement dit mais de réconcilier tout photographe avec l'abstraction, en montrant que photographier est un processus d'abstraction. Abstraire signifie enlever, de ab, qui signifie « séparer », et de trahere, « tirer ». Le terme abstraction est issu du bas latin abstractio qui signifiait « enlever une femme » (!).

Fondamentalement, abstraire c'est enlever assez de choses pour pouvoir se représenter la réalité. Tout organe sensoriel fonctionne sur ce principe. Malgré cette sélection due à nos récepteurs sensoriels, si nous percevions tous les stimuli qu'ils nous envoient nous serions en surcharge permanente. Le cerveau filtre en fonction de ce qui lui apporte de l'information ou non (on le fait parfois consciemment, quand on ferme les yeux pour mieux écouter, par exemple).

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[Technique] Profondeur de champ : enfin une base fiable ?

Suite à l'article, Hyperfocale, un mythe (qu'il est conseillé de lire au préalable), de nombreuses questions sont venues sur la profondeur de champ, l'hyperfocale n'en étant qu'une utilisation particulière.

La profondeur de champ est le Graal du photographe. D'aucuns se font fort de la maîtriser au centième, exhibant leurs abaques. D'autres utilisent l'échelle de profondeur de champ de leur boîtier, inconscients du fait qu'elle est à la fois fausse (approximative) et trompeuse (sauf à accepter, comme à l'hyperfocale, une résolution de 1,4 Mpx).

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[Technique] Hyperfocale, un mythe ?


L’hyperfocale est la distance à laquelle on considère que l’image est nette de la moitié de cette distance à l’infini. Elle s’applique donc principalement au paysage, mais par extension à d’autres sujets. En grand-angle, on conseille habituellement de prendre toutes ses photos à l’hyperfocale. Conseil que j’ai suivi longtemps. Du jour où j’ai abandonné ce satané conseil, j’ai fait… des photos nettes ! Comment est-ce possible ?

Tout d’abord, on ne confondra pas une mise au point fixe sur une distance moyenne, technique couramment utilisée en reportage, avec la vraie hyperfocale qui permet d’avoir le net jusqu’à l’infini. L’hyperfocale est une utilisation supposée judicieuse de la profondeur de champ. On considère habituellement la profondeur de champ comme la zone nette : il faudrait dire à-peu-près nette, car il s’agit d’une tolérance. Or la tolérance au flou a nettement diminué depuis l’invasion numérique et d’une manière plus générale avec les progrès techniques. 

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[Technique] Recadrer, en rester au tabou ou évoluer ?


Le recadrage homothétique est un sujet qui suscite le dédain, voire est légèrement tabou. Parfois interdit dans les concours (notamment animaliers) et généralement mal vu, beaucoup le considèrent comme un pis aller, voire la marque de celui qui ne sait pas prendre de photos. La composition se fait dans le viseur, et si on n'en est pas capable, autant se contenter d'un compact ou arrêter la photo. Pourtant, avec les moyens modernes, il n'est pas absurde d'estimer que la composition se fait en deux temps : derrière le viseur, et derrière l'écran. 

Des recadrages à 95 % s'imposent souvent, ne fut-ce que pour retrouver le cadre du viseur, dont la couverture n'est souvent pas supérieure à 95 %, et parfois décalée. De tels recadrages permettent d'éliminer les détails gênants sur les bords ou atténuent les défauts optiques périphériques. Le recadrage est aussi une manière de s'assurer un original en numérique : on fournit le fichier original, raw ou jpeg, recadré à 95 % et on garde soigneusement l'original entier.

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[Technique] Cadrages homothétiques, faut-il les abandonner ?


Dans son éditorial d'avril, Guy-Michel Cogné (Chasseurs d'images) trouve les photographes bien timides, dénonçant la quasi absence de recadrages alors que les outils modernes le rendent extrêmement facile. Dès lors qu'on imprime soi-même, on n'a effectivement pas vraiment besoin de cadrage homothétique. Peu importe la proportion des côtés, du moment que ça plaît et que ça rentre dans une page.

Certes. On notera que ce n'est pas vraiment nouveau : rien n'empêchait de découper un tirage homothétique avant de le coller dans un album. Qui n'a jamais fait du kitsch, même, avec découpes en cœur ou en nuages ?

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