Romandie.com
 
Créer un blog | Noter ce blog | Signaler un abus
 
| Autre blog ? >>  

PHOTO NATURE : L'ÂME DE LA TERRE

[Contes de Thomas] L’Enfant qui nourrissait les oiseaux


 
Clic/agrandir. La colombe de la paix intérieure.
On nourrit les oiseaux l'hiver : graines, boules de graisse… Mais pourquoi le fait-on ? 

On ne sait trop qui ronronnait, de Thomas ou du feu. L’enfant était lové dans les bras de son arrière-grand-père, des bras encore assez forts pour communiquer une rassurante vigueur. L’équipage du vieil homme et du tout jeune enfant était des plus solides qui soient. Thomas et Ar Grand se livraient à leur activité favorite, celle qu’Ar Grand appelait curieusement « regarder le monde ». De temps à autre Sébastien, le père de Thomas, se moquait d’eux mais son propre père, le grand-père de Thomas, le remettait en place. Pauvre Sébastien, il était tout simplement jaloux de la trop grande connivence entre Thomas et Ar Grand. Car avant la naissance de Thomas, le favori c’était lui, Sébastien.

LIRE LA SUITE 

 (Suite)

[Conte] L'enfant au pays de Cocagne


 
Les fruits tombent et plus personne ne les ramasse (sur la photo, un pommier) ; et encore, ici le champ est cultivé. Ailleurs, la terre en déprise s'étend sans cesse. Clic/agrandir.

Un conte dans la série Les Contes de Thomas

- C'est bon, p'tiaud ?
- Oui Monsieur. Mais je ne suis pas p'tiaud, je m'appelle Thomas.

Le vieillard alerte fit ce qu'il n'avait plus fait depuis bien longtemps, il se redressa un peu pour mieux regarder le jeune garçon. La figure ridée s'illumina d'un sourire.
- Ah ? Bien, moi, ce n'est pas Monsieur, c'est Gorges.

La scène se déroulait dans un pays oublié quelque part en France, un pays de soleil et d'eau, beau par dessus le marché, du genre à ne pas comprendre pourquoi il est devenu inhabité. Ar Grand et Thomas, le plus que centenaire et l'enfant de sept ans, y avaient ramassé depuis le printemps des fourgaisons de fruits…

LIRE LA SUITE 

 (Suite)

[Contes de Thomas] L’enfant et le feu du chêne


 
Clic/agrandir. Chêne Kermès à l'automne au pied de la Saint Victoire
Le cinquième des Contes de Thomas
 
Le feu était si puissant qu’Ar Grand s’y chauffait jusqu’au dernier orteil, et à son âge il appréciait de sentir la chaleur dans ses articulations plutôt que la douleur glacée de l’arthrite et le découragement qu’inspire l’usure. Il est vrai qu’Ar Grand dépassait l’âge à partir duquel on ne compte plus les années, un âge où quelle que soit votre date de naissance vous avez forcément connu deux siècles. L’âge, il l’oubliait aujourd’hui, emporté par le feu ardent. Le feu.

Thomas se dandinait en tous sens comme s’il avait été une flamme. En vérité, le feu, c’était lui. Il était habité par une telle chaleur qu’elle aurait enthousiasmé le monde, si le monde n’avait été si insensible.

Thomas cuisinait son arrière-grand-père et, c’est le cas de le dire, il le cuisinait à feu vif !
– Ar Grand, Fabienne, elle ne va pas partir comme Adrienne ?

LIRE LA SUITE 

 (Suite)

[Conte] Lumière, lumière !


 
La griffe du diable est la main de l'obscurantisme. clic/agrandir

Thomas bichait au milieu des emballages. Ça avait été un Noël de rêve et il y avait même eu un bonus au 1er janvier. Avec ses parents, les cadeaux, c’était comme les DVD ! Il y avait toujours un bonus, et le bonus était souvent meilleur que le film.

Il avait suffi que le père de Thomas voie quel bon usage il faisait de ses cadeaux pour que l’enfant joueur et constructeur reçoive quelques boîtes de plus. Avec application, il avait construit une ville. Il était encore trop jeune pour la construire sur l’ordinateur même s’il savait lire, alors il la construisait en vrai. Enfin en vrai… en briquettes.

Thomas bichait…                                        LIRE LA SUITE

 (Suite)

[CONTE] L’enfant qui regardait les couleurs


Clic/agrandir 

Voici à votre lecture le troisième des Contes de Thomas.
Un peu de poésie…

Ar Grand peinait un peu mais il ne le montrait pas, non par orgueil mais pour ne pas inquiéter Thomas. Le petit ange découvrirait assez tôt que les forces de son arrière-grand-père déclinaient au fur et à mesure que les siennes augmentaient. Pour l’instant, la différence d’âge était idéale. Les petits pieds de Thomas n’allaient pas plus vite que les compas fatigués d’Ar Grand. Bien sûr, le vieil homme marchait régulièrement tandis que Thomas butinait, mais ça leur convenait à tous deux.

La montée était raide et il y avait bien plus commode pour arriver au plateau mais Ar Grand avait tout prévu : une fois en haut, les parents de Thomas les attendraient sur la route qui passait à proximité du sommet du plateau. Entre-temps, outre cette agréable montée à parler de tout et de rien, puis le silence qui s’était imposé avec la raideur des dernières pentes, entre-temps donc, ils auraient eu tout le loisir de contempler le… suite…

 (Suite)

Tous les dixièmes de secondes…


Titre de la photo : Dernier souffle avant les ténèbres. Clic/agrandir

Voici à votre lecture le second des Contes de Thomas.
C'est parfois dans les moments difficiles que le meilleur apparaît…

 

Thomas pleurait, pleurait, pleurait encore et encore. Le gros chagrin ne semblait jamais devoir passer.
– Il est fou !

« Fou », il n’avait que ce mot-là à la bouche. Il l’avait même dans le sang, dans le corps tant il gigotait comme un diable pris de fureur.
– Il est fou !

LIRE LA SUITE 

 (Suite)

[Contes et fables] Il suffit de trois pommes…



 
Clic/agrandir

– Dis, Hair Grand papa…

Le vieillard chevelu sourit de toutes ses dents. Malgré son âge indéterminé, l’homme était bien pourvu : cheveux longs, barbe, dents, rides. Le tout cent pour cent naturel s’il vous plaît.

– Pourquoi tu ris, Hair Grand Pap ?
– Parce que tu prononces R’Grand’Pap’ à l’anglaise. Je suis arrière-grand-père, pas Hair Grand…

Thomas ne comprenait pas tout mais il écoutait religieusement son arrière-grand-père. Dans la famille, tout le monde écoutait l'ancêtre. Dès qu’il prenait la parole, le silence se faisait. Seul Grand-Papa soupirait parfois, énervé à telle ou telle évocation que lui seul comprenait.

LIRE LA SUITE 

 (Suite)

Une fable du réel : Montier-en-Der


Quelques minutes de lecture 

- Dis papa, ils sont bizarres ces moutons !
- Ma chérie, ce ne sont pas des moutons, mais des grues cendrées !
John regardait le champ devant eux transformé en moutonnement par le dos des grues. Entre deux averses, la petite avait voulu satisfaire un besoin naturel, et ils se retrouvaient ainsi à quelques centaines de mètres des festivaliers. Et Les grues, c'était un autre festival à lui tout seul. Avant de répondre à Nanette, il compta machinalement : plus de 1000 grues dans ce champ près du Château d'eau. À cause de la déclivité, on voyait surtout leurs dos.
- Tiens regarde, Nanette, les trois qui sont là.
Trois grues s'étaient dressées, en alarme vu la proximité des hommes, moins de vingt mètres.
- Ouah, elles sont grandes !
Le cri du cœur assorti d'un grand geste, les trois grues s'envolèrent. Leurs ailes grises déployées sur le ciel gris dessinaient une aquarelle naturelle.
- Viens
John avait son idée derrière la tête. Ils n'étaient pas là par hasard. Mais il était trop tôt pour lui dire quoi que ce soit.

LIRE LA SUITE 

 (Suite)

[Conte] Le vieil homme et la photo


Une nouvelle de Didier Vereeck sur une anecdote d'Antoine berger

Augustin regarda une dernière fois la montagne, l'œil rivé, le regard vide. Il se concentrait pour ne pas être tenté de regarder ce qu’il tenait dans ses doigts enfoncés dans la poche de son veston. Son premier billet de train.

– Mais ousque tu vas donc ? cria Marie.

Il ne répondit pas, elle savait.

– Te vl’à ben endimanché pour aller aux champignons ! Et prends donc ton sac si tu couches à la cabane !

Le mensonge était gros mais Marie l’avait gobé. Pour sûr, il n’était pas un menteur, alors…

Tpete des Toillies

LIRE LA SUITE
 (Suite)