Romandie.com
 
Créer un blog | Noter ce blog | Signaler un abus
 
| Autre blog ? >>  

PHOTO NATURE : L'ÂME DE LA TERRE

[Nouvelle] Une exposition particulière


 

Un petit texte sympathique pour relativiser… (clic/agrandir)

René était terrorisé : dans quelques minutes commençait le vernissage de son exposition. Au-delà de l'inquiétude classique (Et s'il n'y avait personne ? Et si ça ne plaît pas) il craignait d'être assommé de questions et remarques en cette nouvelle ère de triomphalisme numérique. Il faut dire que le débat avait fait rage sur les forums (Du vécu dans les expositions, humour et émotions) et comme René était influençable, il s'attendait au pire.

Il avait anticipé certaines réactions classiques en précisant en début d'exposition sur le petit panonceau de présentation : « Exposition de photographies argentiques garanties sans trucage ni retouche autre que les réglages nécessaires à une bonne impression ». C'était peu et il savait bien que les gens ne lisaient pas, ou plutôt lisaient mais posaient quand même la question, ou simplement faisaient la remarque « Ah bon, vous êtes sûr que ce n'est pas fait sur un ordinateur ? ». Bah oui, René savait quand même comment il les faisait ses photos, mais depuis le passage majoritaire au numérique…

LIRE LA SUITE

 (Suite)

[Nouvelle] Un photographe au musée


Un peu d'humour cruel… 

Jako se sentait bizarre, voire étranger à lui-même. Il avait besoin de tout reprendre de zéro, de se souvenir de la façon dont tout cela avait commencé. Sur une idée absurde : un petit reportage dans un musée. Il savait bien que toute photo y était interdite et ce, quel que soit le musée. Mais bon, après tout, nombreux étaient ceux qui transgressaient. Lui ne l'avait pas fait parce qu'il était bravache (ce qu'il était) mais parce qu'il souhaitait réellement faire un papier sur un sujet qui lui tenait à cœur.

C'est comme cela qu'il s'était retrouvé au musée Granet à Aix-en-Provence. Le sujet était une expo Picasso, avec une sélection de toiles montrant en quoi il s'était inspiré de celui qu'il considérait comme son maître, Cézanne. Jako se remémora l'expo en soupirant : pas de quoi casser trois pattes à un canard. Certes, le rapport entre les deux peintres était évident et bien montré, avec pédagogie. Mais du coup, les tableaux sélectionnés manquaient pour la plupart d'intérêt, hormis trois ou quatre chefs-d'œuvres.

« Trois ou quatre, c'est mieux que tes photos ! », marmonna Jako…

LIRE LA SUITE 

 (Suite)

[Nouvelle] Une petite fille dans le cœur


 
Clic/agrandir (une fois n'est pas coutume, il s'agit de numérique, Fuji S5 Pro)

On achète notre matériel, on aime notre petit monde photographique et informatique, nos activités de loisir et de passion. On aime internet, le blogs et les forums, le monde en devient presque virtuel. Mais il suffit quelquefois d'une course ordinaire pour que tout soit différent…

Franck pestait. Quelle andouille il était ! Il avait oublié de payer le parking. Et maintenant qu’il était emmanché dans la file, va-t-en reculer, toi.
– Bon, cet idiot, il recule ou quoi ?

LIRE LA SUITE 

 (Suite)

[Nouvelle] Hé les figues !


Clic/agrandir. La propriété est souveraine, bien sûr. Mais dans un contexte de gaspillage qui contraste avec la déprise agricole de bien des campagnes, est-il judicieux d'interdire à d'autres de ramasser les fruits non récoltés sous prétexte qu'on est chez soi ?

Je ne prétends évidemment pas résoudre ce conflit, juste poser la question à travers une nouvelle fondée sur des faits. Vous n'aurez pas de mal à identifier ce qui n'est pas réel…

Jenny chuchota à Marco « Il y a un type qui nous appelle sur la route ». Marco finit de cueillir les trois figues bien mures qui étaient à sa portée pendant que Jenny en mangeait une autre. La région regorgeait de figues mais cet arbre était le plus précoce, il donnait son plein de fruits énormes et juteux début août. Un vrai régal en accompagnement de salades vertes, ou coupé en tranches avec du sésame, ou encore tel que, bien sûr. Marco remonta sur la route, une de ces petites routes de hameau sur lesquelles il passe trois voitures par jour. Un type était là, gesticulant, l'air furibard.
- Vous êtes chez moi !

LIRE LA SUITE

 (Suite)

[Nouvelle] La petite fille et le peintre


Clic/agrandir

Une histoire charmante, drôle et tendre, fondée sur une anecdote vraie, racontée par le peintre Didier Morlet. Tous ceux qui ont exposé ou visité une expo s'y reconnaîtront…

La petite fille se dandinait, tenant la main de son père avec la détermination d’une anguille prête à se lancer dans le monde. De son autre main, elle tendit le doigt vers un tableau mais sa mère la rabroua. « On ne montre pas du doigt en public », la tança-t-elle.

LIRE LA SUITE 

 (Suite)

[Nouvelle] Le dernier des clones



Clic/agrandir

Quel pays, avec son plafond bas à force d’être écrasé de nuages de fin du monde ! Quelle boue profonde dans laquelle elle pataugeait chaque jour que Dieu a fait ! « A fait », oui, car il ne semble pas qu’il en fasse de nouveaux, ces temps-ci. Dans la solitude de ce monde glauque, Géraldine avait la sombre impression que le Créateur les avait abandonnés. Que la pluie tombe, ce n’était qu’un moindre mal. On s’habituait à tout, le deuxième hiver nucléaire avait beaucoup moins fait parler que le premier, puis le temps avait passé. Les organisations nécessaires étaient en place. Ça, les organisations, ça les connaissait.

LIRE LA SUITE 

 (Suite)

[Nouvelle] Surprise à l'aube


Un petit texte qui je l'espère vous semblera aussi magique qu'à moi, tout comme la photo d'ailleurs…

Clic/agrandir

Il était aux anges et en vérité, c’était des anges de volupté. Elle dansait sur lui et c’était la femme de sa vie, non point sa femme mais la femme.

Dans leur danse ils riaient et parfois elle gémissait, lui se cabrait, ou bien c’était elle.

Leur étreinte ne semblait jamais devoir finir, non qu’elle fût spécialement longue, mais elle dépassait leur intensité admissible.

Ils s’étaient embarqués dans un aller sans retour connu. Au-delà des transes, un soupçon d’inquiétude s’immisça. Tout cela était-il bien normal, bien réel ?

LIRE LA SUITE 

 (Suite)

Une aventure au Nikon Pro Tour, Marseille


 La photo est art de l'éphémère, comme je n'allais pas tarder à l'apprendre…

Cette année, je m'étais décidé : j'allais venir, prendre en main des boîtiers, suivre les formations aux logiciels. C'était à Marseille et connaissant un peu la ville, j'avais la ferme intention de me garer au Centre Bourse et d'aller à pied. Puis étant parti un peu tard, je décidai de tenter l'aventure en voiture.

Marseille a toujours été difficile sur le plan de la circulation, justement parce qu'il n'y en a pas, de plan. Mais alors depuis le tramway… les seuls axes qui permettaient de se retrouver sont désormais fermés à la circulation ou bourrés de sens interdits inspirés des petites rues : ils vous emmènent à l'opposé de votre direction ; vous vous retrouvez alors dans les fameuses petites rues de Marseille qui, outre être mal famées, ne communiquent pas entre elles, héritage des mille villages qui constituaient la ville.

Entre les ruelles biscornues, qui bouclent ou en impasse, les escaliers et les sens interdits, il est tout à fait impossible de circuler (même à pied d'ailleurs). Bref, une heure après j'ai enfin fini… par revenir au Centre Bourse. Étais-je dans la quatrième dimension ? Non, j'étais à Marseille…

Je précise tout de suite que ce Nikon Pro Tour est un tout petit événement, qui se déroulait dans un studio photo. Grand pour un studio, petit pour y abriter des stands. Mais on pouvait y voir pas mal de matériel informatique et d'impression, et surtout emprunter à peu près tout le matériel Nikon. Il y avait tout de même 6 D3X et autant de D3 et D700. Plus quelques grosses bêtes en termes d'objectifs. Enfin, et peut-être surtout, d'intéressantes formations  (initiations): NX, Ligthroom, Aperture. Ajoutez à cela un shooting avec mannequin, les copains… et quelques énergumènes. Ambiance :

- Vous avez quoi là ? Ah… un D3X

Le type me regarda l'air entendu. Il opina du chef, fixa mes chaussures (pas cirées ?) puis me dévisagea intensément. Il devait être à la recherche du point noir pour son autofocus ou je ne sais quelle chose du genre. J'eus le tort de lui répondre.
- Oui, c'est un prêt.

LIRE LA SUITE 

 (Suite)

[Nouvelle] Rue Duquenne


 

 

Le secret même minime, de peu de durée ou pour faire une surprise est le luxe vain et dérisoire de qui n'a pas pris conscience du point auquel la vie est éphémère. Clic/agrandir

Une petite nouvelle (5-6 minutes de lecture) qui je l'espère vous remuera le cœur…

Elle avait quinze ou seize ans et lui… disons dix de plus.

Elle passait toujours dans la même rue, elle était belle ou bien on ne savait pas, disons que c’était une jeune fille.

Il était toujours là quand elle passait, il lui disait bonjour et il lui souriait. Elle lui souriait et ils se souriaient de plus en plus, jusqu'à ce jour.
– Bonjour Mademoiselle.
– Bonjour Monsieur.

LIRE LA SUITE 

 (Suite)

[Littérature] « La queue du chat » : une nouvelle féroce d'Anne Kerveline


Je vous ai présenté hier le travail d'Anne Kerveline à propos d'une photo (Écrire : un mystère à portée de tous). Il se trouve qu'à cette occasion, nous avons pas mal parlé photo : un monde étrange pour elle qui n'a jamais touché un appareil photo de sa vie. Évidemment, peu de temps après, elle m'a envoyé par mail cette nouvelle drôle et féroce. Je l'ai juste briefée sur quelques points techniques, et voilà le résultat…


 
« Chat va ? » Clic/agrandir

- Allez, on fait la course ! Le premier arrivé au sapin…

Jacques Bidot n’eut pas le temps de terminer sa phrase. Déjà le petit dernier s’était élancé comme un bolide dans le couloir désert. Pourtant, avec ses grandes jambes maigres, le père n’eut aucun mal à dépasser le fils et arriva bon premier au pied du sapin, non sans avoir au passage percuté le chat qui détala avec un miaulement de bête traquée.

LIRE LA SUITE 

 (Suite)

[Nouvelle] Une photo diagonale


Cette nouvelle est née d'un commentaire que j'ai fait sur le blog d'Anne-laure Jacquart, Au présent du subjectif à propos de cette photo.

Je la voyais comme le point de départ d'un polar. Chiche m'a-t-elle répondu. Je n'avais jamais écrit dans le domaine policier mais je me suis pris au jeu… Voici donc une courte nouvelle. Pour voir la photo en grand sur le blog d'Anne-Laure, clic/agrandir (conseillé pour les indices).

- Vous n'avez que ça ?

- Oui.

Le commissaire ne répondit même pas, absorbé dans ses pensées. Il aurait bien aimé avoir la pipe de Maigret pour se donner ne fut-ce qu'un début de contenance. Dire qu'il était décontenancé était une litote, mais alors abyssale, la litote. Son collègue restait planté au milieu de ce décor minimaliste. L'équipe du labo avait fait tout son possible. il questionna tout de même Josiane, la photographe.

LIRE LA SUITE 

 (Suite)

[Photo équitable] Zhuaf ou le coup de poker


Les auteurs se feront-ils dévorer tout cru ? Clic/agrandir

Une petite réflexion sous forme d'une nouvelle (quelques minutes de lecture). C'est aussi un coup de gueule : ceux qui nous disent n'avoir pas d'argent pour acheter nos photos gagnent bien plus que nous (sans commune mesure) !

Theodora était heureuse, ravie et ce n'était pas peu dire : elle bichait. Elle avait mis un chemisier classe quoique léger. Elle avait hésité à passer sa plus belle robe cocktail mais ça n'aurait pas été approprié à leur petite réunion. Le terme petite n'était pas le plus adapté, il s'agissait plutôt du grand soir.

LIRE LA SUITE 

 (Suite)

Le coup de l'éditueur (titre sans coquille)


 
Une photo trop plastique pour être publiée ? Clic/agrandir 
 

– Didier, un éditeur au téléphone !

Telle fût la joie claironnante de ma femme un jour de 2000. Revenons un peu en arrière. Tout heureux, j'avais envoyé deux projets de livres aux éditions du C#. À l'époque, cet éditeur était encore réputé pour la photo.

LIRE LA SUITE 

 (Suite)