[Droit d'auteur] Photo à 1 euro, une ambiguïté entretenue ?
Bien des amateurs (voire des professionnels) et la plupart des consommateurs de photo ne comprennent pas pourquoi certains s'opposent à la vente de photos à un euro, sur les microstocks comme Fotolia. Les deux arguments sont en général « une photo basique ne coûte pas grand-chose à faire » et « je devrai fermer mon blog si je dois payer plus cher les photos ».
Aussi faut-il faire une mise au point importante : je n'ai rien contre la photo à un ou quelques euros pour les blogs. D'ailleurs, j'en vends moi-même (à trois euros) ! Sur la galerie Arana, qui vend mes photos et d'autres, les tarifs sont clairement divisés en deux : internet d'une part, impression commerciale d'autre part.
Autant je trouve normal de vendre pas cher une photo pour un blog,
qui assortie d'un lien me fera de la publicité, autant je trouve anormal de proposer à la presse, à un éditeur ou à un publicitaire une photo pour presque rien. Eux ont un gros chiffre d'affaires et ne facturent pas quelques euros à leurs clients.
Je vous invite à comparer dans le détail les tarifs de la galerie Arana (pourtant déjà dans la fourchette basse du marché) avec ceux d'un microstock, vous verrez toute la différence. Fotolia, Pixburger et les autres microstocks ou banques d'images, sous couvert de simplification des tarifs, mettent en péril le marché de la photo. Et en plus, ils sèment la confusion dans les esprits, en mettant sur le même pied (et prix) une photo de blog et de magazine ou de livre.
La confusion est probablement entretenue à dessein, afin de faire croire au grand public que 1 euro est un prix somme toute normal. On en perd le sens des réalités quant au prix des photos ! Et on revient donc à la réflexion citée en début d'article, « une photo basique ne coûte pas grand-chose à faire ». Pas grand-chose peut-être, mais pas un euro non plus !
Au passage, dézinguons le mythe selon lequel la photo numérique ne coûte rien. L'obsolescence rapide du matériel et son coût élevé font exploser les prix de revient. Si le mitraillage est « gratuit », le stockage ne l'est pas et l'archivage encore moins. Sans parler bien entendu du temps passé.
Soyons clair : vendre une photo à trois euros (galerie Arana) pour un blog, c'est plutôt pour éviter de se la faire voler. Pour la rentabiliser, il faudrait au moins en vendre une cinquantaine. Or il est peu probable que chacune de mes photos vendue ainsi le soit 50 fois.
En conclusion, si moi et d'autres vendons des photos pas cher pour internet, ce ne peut devenir une règle pour toutes les ventes, c'est juste une faveur faite aux internautes, pour la plupart des particuliers (souvent plus fortunés que moi, mais c'est une autre question).
Après, il y a divers aspects juridiques dont certains assez inquiétants. Articles à lire (chez mon éditeur) :
Microstocks : un libre de droit… qui n'existe pas !
Banques d'images, TVA, Agessa : légal ?
Pixburger, que lui reproche-t-on ?
Pixburger, analyse du contrat : danger !
Et pour finir, une petite photo tout ce qu'il y a de plus standard. D'après vous, quel est son coût de revient ?

Abbaye de Saint-Pons, dans la Sainte-Baume (Provence). Accessible à pied en 30 minutes environ.
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10 Mai 2008 à 14:55 dans
- JURIDIQUE

cette photo n a aucun interet pour les microstocks, meme si elle est offerte gratuitement je n en voudrais pas, je ne vois pas du tout ce que je pourrais faire d une photo d un mur en pierre derriere des arbres qui hivernent. Le cout de revient peut etre tres cher si le photographe boit du champagne mais le prix de la photo c est le prix que le client est pret a payer. Il y a peut etre des gens que cela interesse, mais ils ne doivent pas etre bien nombreux.
Posté par je n achete pas — 17 Mai 2008, 12:27
Voilà un message bien agressif et inutilement de quelqu'un qui ne connaît pas le lieu : je vous met au défi de faire une meilleure photo de l'abbaye de Saint Pons.
Peu importe, d'ailleurs, admettons que vous me fassiez une photo qui intéresserait les microstocks, selon vous : il n'en reste pas moins qu'il faut une heure à pied aller-retour, ce qui augmente singulièrement le prix de la photo.
Posté par Didier Vereeck — 17 Mai 2008, 12:34
J'en profite pour ajouter que ce commentaire comporte une affirmation insidieuse que les défenseurs des microstocks essaient de nous faire avaler : « le prix de la photo c'est le prix que le client est prêt à payer ».
Eh bien non ! Une telle affirmation est d'ailleurs absurde et contraire aux principes même du libéralisme. Ou alors il faudrait ajouter : « à condition que le prix soit supérieur au coût de revient ».
Certes, dans un milieu de concurrence, les prix baissent (pas toujours). Mais en principe, on ne peut pas vendre à perte. En outre, sans une marge même minimum, on ne peut survivre. Autrement dit, si les microstocks n'étaient pas alimentés par des gens qui n'ont pas besoin d'argent, ils mourraient d'eux-mêmes !
Si quelqu'un veut une photo de l'abbaye de Saint-Pons, il voudra peut-être m'acheter la photo un prix correct, à moins qu'il préfère ce genre de photo :
http://www.fra.webcity.fr/visiter_marseille/abbaye-de-saint-pons_103301726/PhotosLieu
Posté par Didier Vereeck — 17 Mai 2008, 12:45