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PHOTO NATURE : L'ÂME DE LA TERRE

[La nature et le soi] La trame de l'univers photographiée ?


La trame de l'univers. Clic/agrandir

Quelle ne fut pas ma surprise de trouver une telle configuration sur le terrain, quelque part aux fins fond des Vosges (Col des Bagenelles) par une journée glaciale. Glaciale par la température mais pas par l'intérieur car j'avais le cœur chaud. Quand la nature est immobile dans la froidure, j'ai la sensation que les secrets sont là, à défaut d'être révélés. La photo indique qu'il y a quelque chose au-delà du voile, qui nous est à jamais inconnu.

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La limite de notre univers connu est comme une draperie. Sur la gauche de la photo les sortes de tubulures sont les méandres des réalités, qui ne communiquent pas les unes avec les autres tant qu'on est dedans. Il faut sortir du tube pour découvrir qu'il y en a d'autres en parallèle, contigus, même.

L'alternance du sombre et du clair suggère que le yin et le yang prennent dans l'au-delà une autre allure. Ils ne sont plus enroulés et interpénétrés mais associés, et c'est cela même qui constitue la trame de l'univers.

La dominante bleue correspond à ce qu'on voit parfois intérieurement, en méditation. On ressent alors un frisson glacial  conforme à l'ambiance de la photo. On appelle ça le « voile de Marie ». Peu importe le nom et l'évocation culturo-religieuse, c'est une expérience curieuse car tout le monde ressent à peu près la même chose. Nul doute que vous sachiez exactement de quoi je parle si vous avez pratiqué la méditation ou la contemplation.

De contemplation, il est question en effet : contempler la réalité du monde, à laquelle nous sommes extérieurs. Là, la philosophie et la science rejoignent l'expérience intime.

La philosophie enseigne qu'en vertu des niveaux de logique, la connaissance d'autre chose que nous-même nous est à jamais inaccessible, quelles que soient nos spéculations. Le concept d'émergence expose que le tout est supérieur à la somme des parties, et que cette propriété ne peut pas être connue par le tout lui-même. Si par exemple la conscience est une émergence des parties du cerveau (neurone, chimie), le cerveau ne peut pas connaître la nature de cette émergence.

La science, au niveau quantique, commence à émettre l'hypothèse que nos connaissances et les lois que nous formulons ne décrivent que ce que nous connaissons du monde. C'est l'une des dernières approches quantiques, pas partagée par tous, mais la seule à admettre (à défaut de l'expliquer) l'expérience de Bohr* : les photons seraient informés de leur position, dans un espace sans vitesse ni matière, décrit en partie par la Théorie de l'Information.

*Note : l'expérience de Bohr consiste à émettre deux photons dos à dos et à les faire passer chacun à travers un commutateur aléatoire. On observe alors que leur projection sur un écran n'est pas aléatoire : quand l'un est à gauche, l'autre est à droite et réciproquement. Tout se passe comme si chaque photon était informé de la position de l'autre. Le tout à au moins deux fois la vitesse de la lumière.

Je vous invite à lire le haïku que Jacques Osanati a écrit sur cette photo, et plus encore le commentaire qu'il en fait, sur la notion de concept et la place de la bipolarité dans l'univers ou au moins dans notre conscience.

> Haïku et commentaire de Jacques Osanati

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Commentaires

  1. Bonjour,

    Tout d'abord merci beaucoup de partager vos images ainsi que votre sensibilité. C'est toujours un plaisir de vous lire, et j'apprécie énormément vos explications intimes et pleines de réflexions.

    Ma remarque portera donc sur un point de détail, mais qui à mes yeux a son importance, étant physicien. J'ai cherché, après la lecture de votre article, tout naturellement des détails supplémentaires sur l'expérience de Bohr que vous décrivez en note. Je suppose, corriger moi si je me trompe, que vous faites allusion à l'expérience de Stern-Gerlach. Dans ce cas j'invite le lecteur anglophone à lire l'excellente vulgarisation du Professeur David M. Harrison de l'université de Toronto :
    http://www.upscale.utoronto.ca/GeneralInterest/Harrison/SternGerlach/SternGerlach.html

    Posté par Jérôme — 12 Sep 2008, 09:39

  2. Je vous remercie de votre participation active et de votre contribution et je suis bien évidemment ravi que vous trouviez plaisir à me lire. J'hésite toujours à écrire de tels textes souvent assez personnels de peur de barber le visiteur.

    L'expérience à laquelle je fais allusion n'est pas celle de Stern-Gerlach, néanmoins. Il s'agissait bel et bien d'une expérience de Bohr, associé à un autre dont le nom m'échappe et je n'ai pas trouvé sur internet (je n'ai pas cherché de manière approfondie).

    Cette expérience a donné lieu à des suites. Voici par exemple en français un texte qui a le mérite de monter simplement qu'il ne s'agit pas de dépasser la vitesse de lumière mais bel et bien d'information ou de co-information ou encore de propriétés partagées entre photons :
    http://www.sur-la-toile.com/discussion-132222-1-plus-vite-que-la-lumiere.html

    Posté par Didier Vereeck — 12 Sep 2008, 12:52


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