Romandie.com
 
Créer un blog | Noter ce blog | Signaler un abus
 
| Autre blog ? >>  

PHOTO NATURE : L'ÂME DE LA TERRE

[Art] A-t-on le droit de parler d'art ?


Ahuri intergalactique. Clic/agrandir

Quand on n'a pas fait Beaux-Arts, on a juste le droit de se taire. Pensez-donc, si on ne connaît pas sur le bout des doigts l'histoire de l'Art, on n'est fondé à émettre aucun avis.

L'art serait une question de concept ? Absurde au vu de l'histoire, l'idée semble devenir vraie aujourd'hui. À tel point que si on ne connaît pas le concept sous-jacent à telle ou telle œuvre, on ne peut la comprendre.

LIRE LA SUITE 


 

Loin de moi l'idée de critiquer. Je prétends simplement que l'art qui s'explique  est une forme d'art et non pas l'art en général. L'art est devenu une culture. Nommons le Art avec un grand A et admettons que si l'on n'a pas fait Beaux-Arts on ne peut pas en parler valablement. Il y a donc l'Art… et le reste : l'art.

L'histoire du mot est très intéressante (source : Grand Robert Historique de la Langue Française par Alain Rey). Il vient de ars, artis, « façon d'être ». Ovide oppose mores, « façon de faire, mœurs, habitudes » et ars, « façon d'agir » On retrouve la distinction orientale entre le faire et l'agir. Globalement, ars réunit « les idées essentielles, liées à l'activité humaine tendue vers un ordre, que cet ordre soit dicté par les dieux ou imposé par les lois logiques ». Il y a une notion d'intelligence (qui donnera artiste) et de façon (qui donnera artisan).

Le terme a pris le sens d'habilité acquise par l'étude ou la pratique, puis de talent et enfin de métier (XIIIe), artisan (XIVe) et artiste (XVe). Dans le sens de métier, savoir-faire, il a remplacé le grec teknê, « technique » (d'où art de la guerre ou art martial). Au niveau institutionnel, art a été utilisé dans le sens de apprentissage par opposition à science (abstraite) : les sept arts, arts et métiers, etc. Au XIIe, le mot désignait les humanités et la philosophie (faculté des arts). À partir de 1640, le terme beaux-arts désigne les techniques de la beauté.

Au XIXe, sous l'influence allemande, l'idée de savoir, connaissance, devient dominante puis Stendhal et les romantiques imposent la notion d'esthétique et de beau qui perdure jusqu'à aujourd'hui. La culture a donc triomphé sur le savoir-faire et l'intelligence.

D'après l'histoire du mot, on voit que l'art est à l'origine essence. Nul besoin de culture, c'est un besoin vital. La culture peut en améliorer l'expression ou en diversifier les formes mais aussi le figer. L'art est du domaine du cœur, on a tous en nous une tendance artistique, qui sommeille parfois. Cette tendance est de la même nature que ce qui nous permet de nous émerveiller. C'est la poésie du monde, l'intelligence de l'homme dans son rapport au monde et à lui-même, l'intelligence du cœur, pas l'intellect qui conceptualise.

Si on préfère, l'art c'est le divin en nous, le cœur profond, la rencontre du cœur et de l'esprit ou intelligence du cœur, associés à la capacité de l'exprimer avec habileté (le corps). Donc : corps, cœur, esprit.

L'art-essence est la manière d'être, d'âme, et à ce titre s'oppose à l'Art-culture, intellectuel.

J'aime comparer art/Art à spiritualité/religion. La religion, comme l'art, est une culture. Elle n'a qu'un rapport lointain avec la spiritualité, hélas on assimile souvent les deux. Il peut y avoir spiritualité sans religion, et il y a souvent religion sans spiritualité. Bien entendu, la religion peut être une étape vers la spiritualité mais c'est loin d'être toujours le cas (lire l'article de Jacques Osanati auquel j'adhère à 100 % : Religion et spiritualité : le coup de gueule).

Pour moi, l'art est une profondeur de nous-même, c'est l'âme qui s'exprime de manière intelligente et intelligible. À ce titre, j'estime que mes photos abstraites sont de l'art. Pas de l'art contemporain mais de l'art universel, cette qualité intrinsèque à l'homme. Cet art-là est une recherche intérieure, pas une spéculation intellectuelle sur fond culturel. Comme d'autres, j'estime que derrière mes photos c'est tout un bonhomme qui est là, avec son cœur, tout comme son corps et son esprit. Corps-cœur-esprit, tel est le triptyque pour moi indissociable.

Merci de vos commentaires

> ACCUEIL


Commentaires


Votre commentaires :