[La nature et le soi] Zorro… et la maîtrise de soi
La maîtrise. Clic/agrandir
Un homme avec son chapeau et son fouet tel Zorro surgit de la nuit. Le fond est une flaque d'eau gelée avec des bulles. La couleur noire est due… au goudron d'un parking ! Pas besoin d'aller loin, n'est-ce pas ? L'homme est une feuille morte couverte de givre. Sur la droite, sa cape, en haut, son chapeau. Je trouve hallucinants la précision dans le dessin du chapeau et le visage qu'on devine. Le fouet à gauche est une brindille couverte de givre.
Vu globalement, l'homme semble assis sur son trône. On ne voit pas ses pieds car ils sont repliés, ça n'enlève rien à la stabilité qui se dégage de sa position.
Les structures de la glace, qui constituent le fond, peuvent symboliser nos idées et conceptions. Certaines aboutissent à des constructions, elles constituent le piédestal sur lequel se situe l'homme. Chaque élément de glace n'a pas de stabilité en soi. S'il y a stabilité, et c'est ce qui émane de l'ensemble, elle est due au ciment noir et bleu.
Ainsi, les constructions humaines sont constituées d'éléments qui ne sont pas stables en soi mais qui le deviennent uniquement si quelque chose leur donne cohésion. De quoi s'agit-il ? La glace nous donne la réponse : d'une matière amorphe, non cristalline. Il s'agit bien entendu du non-créé, donc du divin. C'est lui qui crée le ciment en toutes choses et si on ne veut pas devenir fou d'ambition, il est bon de s'en souvenir.
Le fouet qui claque dans le vide montre que l'homme maîtrise… mais maîtrise quoi, au fait ? Nul animal ici. Nulle situation non plus. Il se maîtrise donc lui-même. Le fouet claque dans le vide, c'est-à-dire sur ses idées et constructions, sur ses systèmes. L'homme qui accepte que ses constructions (les figures de glace) soient maintenues cohérentes par sa part divine non connue (le fond bleu et noir) peut maîtriser son mental, intellect et émotions, la seule chose sur laquelle il a prise.
Celui qui a un peu vécu et observé sait que les positions les mieux établies peuvent se défaire en un instant : à défaut de maîtriser les événements, on peut se maîtriser soi. On comprend ici que se maîtriser soi n'est pas se dominer mais se connaître, et connaître la part divine.
On le voit, la vraie maîtrise de soi n'est pas celle de l'ego triomphant, qu'on le nomme Zorro ou Narcisse, elle est celle de l'homme à sa juste place entre le divin non connu et la matière qui permet de construire. Connaître sa juste place, telle est la maîtrise.
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24 Septembre 2008 à 11:18 dans
- SÉRIE LA NATURE ET LE SOI

