[La nature et le soi] L'équilibre
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Un pêcheur à la ligne, improbable sculpture de glace, rien de mieux pour révéler les secrets du véritable équilibre, l'équilibre intérieur. Sa canne à pêche semble être une antenne dirigée vers le ciel. On ne sait pas si un fil plonge dans l'eau. Une goutte reste sur la brindille, en haut, rappelant qu'il y a peu, la glace enrobait le tout.
Il est probable qu'au fur et à mesure du dégel, la brindille se soit redressée. S'allégeant de son fardeau de glace, elle révèle son cœur jaune comme le soleil : c'est avec l'ouverture de son cœur que l'homme se redresse et devient juste. Être juste, c'est réaliser l'équilibre entre le ciel et la terre.
La fonte des glaces réduit la tête du personnage à sa plus simple expression, tandis qu'au contraire, sa base reste solide, voire s'agrandit. L'équilibre consiste d'abord à redescendre sur terre, à diminuer la proportion de la tête et augmenter celle des fondements.
Le fond est de couleur rouge et noir, les passions grondent. L'amour et la haine sont là en filigrane mais le personnage s'en détourne. Il ne peut les ignorer, elles constituent son fond, là d'où il vient, et l'équilibre consiste à l'accepter sans y attacher davantage d'importance. Les passions ne sont qu'un décor.
L'équilibre, c'est l'éphémère entre deux états, entre le gelé et le sec, entre le haut et le bas. Il faut tenir la canne à pêche à la main car l'équilibre, cadeau divin, doit être tenu. Sans vigilance, il disparaît dans le néant de nos passions.
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16 Novembre 2008 à 15:59 dans
- SÉRIE LA NATURE ET LE SOI

