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PHOTO NATURE : L'ÂME DE LA TERRE

[La nature et le soi] La terre intérieure


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En voyant la photo, vous avez certainement pensé à une femme nue de dos ou de trois-quarts, aux cheveux roux. Je pourrais associer cette photo à un poème ou un texte enflammé, j'ai choisi aujourd'hui d'aborder les choses sous un autre angle, celui de notre intériorité.

De ce point de vue, cette jeune femme belle et éternelle représente le féminin en chacun de nous. Éternelle, elle l'est par le symbole et par le fait qu'elle ait été photographiée ; mais en réalité, puisqu'il s'agit de glace, elle est au contraire plus qu'éphémère. Ce genre de photo, on ne peut pas la refaire car quelques heures après, le rebord de glace a fondu.

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Cette caractéristique invite à penser que le féminin-en-nous associe en un même mouvement l'éternel et l'éphémère. Tout le monde le sait n'est-ce pas… La preuve ? Le féminin est souvent représenté par l'art, la poésie, la mise au monde.

On y ajoute la sensualité qu'il faut comprendre non dans son sens restrictif habituel mais comme une sensualité avec la nature : c'est la sensation des cheveux dans le vent, le sentiment que la terre parle quand on marche, que les feuilles des arbres sussurrent des mélodies. Bref, que l'univers nous écoute tout autant que nous l'écoutons.

Au fond, je parle là d'harmonie, dans sa dimension de subtil équilibre entre les extrêmes ; nous avons déjà évoqué l'équilibre éternel/éphémère, penchons nous sur la photo. Sur sa droite, la jeune femme a probablement le bras dans l'eau, ou au-dessus de l'eau. Il y a un peu d'écume près de son épaule, elle est donc en interaction avec l'eau. L'eau, c'est la vie, qui coule ici vers son avenir, et un avenir terrestre car elle coule vers le bas. J'utilise ici la convention symbolique selon laquelle la droite représente l'action donc l'avenir.

Sur sa gauche, son bras indistinct, peut-être replié sous elle, est en contact avec la glace et, ce qui est intéressant, dans une partie noire. Il s'agit donc de la matière, de la terre et de la Terre, du créé solide et durable. Il est à gauche, c'est ce dont nous venons et sur quoi nous appuyer pour nous ressourcer.

Je décris là une opposition nommée par Jacques Osanati dans son roman initiatique Le Fou de l'Antarctique comme étant celle du dur et du mou. On comprend mieux la sensualité amoureuse, qui est celle de l'harmonie entre le dur et le mou ; chaque corps masculin comme féminin ayant les deux, il s'agit de jouer et de créer au cours du rapport amoureux physique, et non de conquérir ou de combattre, sans même parler d'une quelconque idée de performance dont l'absurde saute ici aux yeux.

La jeune femme semble regarder sur sa gauche ; elle n'est pas en train de se projeter dans un futur, elle regarde dans la matrice (le dur, le permanent) pour y puiser ses ressources. Elle semble un peu triste ou boudeuse, nostalgique car sa joie est intérieure. Elle est une muse, notre muse, nous-même. Vous avez certainement noté que lorsque vous créez, vous êtes plutôt sérieux et attentif, à la fois concentré sur ce que vous faites et sur vous-même : la création est une introspection.

Pourquoi ai-je dit que la jeune femme n'est pas en train de se projeter dans le futur ? Parce qu'elle regarde sur sa gauche, certes, mais aussi parce que sur la photo sa tête est coupée. Du moins, le haut de sa tête, son cerveau, c'est-à-dire son mental, son ego. La création ne se fait pas avec la tête mais avec le cœur, elle ne se pense pas mais se sent intérieurement, elle ne s'expose pas comme une conquête de l'ego mais se montre comme une part de soi.

En fait, la tête de la jeune femme est en haut, dans les étoiles et l'univers. Elle plonge dans le dur pour offrir du mou, du malléable, une création qu'on peut remodeler.

La femme est blanche, presque transparente : elle est illuminée par l'intérieur, par sa lumière immanente. Elle est au contact du plus pur en elle, du créateur, aussi pourra-t-elle créer une œuvre véritable et pas seulement une invention, qui serait créativité mentale.

Tout cela est une métaphore de la création en ce qu'elle a de profondément humain et intérieur ; un équilibre en soi qu'on manifeste à l'extérieur. Mais aussi, notre plus belle ressource, notre terre intérieure. Si chacun de nous contactait sa terre intérieure de manière intime et habituelle, plus personne ne pourrait tuer ou détruire, mais ceci est une autre histoire.

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Commentaires

  1. Ton texte est très beau et plein de poésie, mais je suis triste, car je dois avoir l'esprit trop terre à terre...je ne vois pas de femme dans ta photo.

    Et crois moi, ça me désole :'(

    Posté par Darth — 29 Jan 2009, 19:55

  2. Ah bah là, je suis vraiment désolé pour toi ! En haut la tête, ensuite le dos et les fesses proéminentes sur la droite, les jambes plus ou moins indistinctes…

    J'ai vrifié auprès de diverses personnes qui toutes voient une femme au premier coup d'œil… T'inquiéte pas, ça se soigne ;)

    Bon, c'est sûr que pour ceux quine verraient ni une femme ni une photo sensuelle, le texte a déjà moins de portée.

    Posté par didier Vereeck — 30 Jan 2009, 12:19


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