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PHOTO NATURE : L'ÂME DE LA TERRE

[Être auteur] Crise de la photo : faire d'auteur une profession


Ensemble nous irons décrocher la lune. Clic/agrandir (bulles d'air dans une tourbière gelée)

Le prix des photos baisse, il devient de plus en plus difficile de les vendre. La qualité moyenne des photos a augmenté, y compris et surtout chez les amateurs. L'offre de photos semble supérieure à la demande, et ce d'autant plus que la demande de photos de qualité est à la baisse. Un nombre grandissant de photographes voit ses revenus baisser chaque année, même parmi les plus connus. Les revenus issus d'agences sont en chute libre.

Les photos sont faites aussi bien par des artisans que par des salariés, des auteurs ou des amateurs. La notion de professionnel est vague car elle recouvre au moins trois réalités fort différentes : l'artisan, qui fait par exemple des mariages, le journaliste salarié, et l'auteur, qui fait souvent un type de photo bien déterminé et essaye ensuite de les vendre. Le salarié est payé au temps passé, l'artisan à la prestation, l'auteur sur la cession des photos (en général, et pour simplifier).

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Quant à l'amateur, il fait un peu de tout, parfois avec une spécialité comme un auteur ; depuis le numérique, n'importe quel photographe soigneux et attentif peut réussir sans coup férir de bonnes photos. Beaucoup se sont pris au jeu. Il n'est pas rare que certaines photos d'amateurs soient meilleures que certaines photos d'auteurs. Tout est dans le « certaines » : la différence ne se situe pas dans la qualité d'une ou quelques photos, mais dans les séries et surtout, dans la démarche.

Entre l'amateur, le journaliste et l'artisan, l'auteur est peu visible. Certains auteurs sont des pros (ils en vivent bien et depuis longtemps), d'autres des « semi-pros » (ce n'est qu'une part de leurs revenus), d'autres enfin sont des amateurs, déclarés ou non. L'auteur véritable mais peu connu (qui n'a pas un nom) peine à exister sauf s'il a un gros carnet d'adresses ou/et est doué pour le commercial.

Auteur et statut d'auteur sont confondus, tant par les amateurs que par certains pros ; de la part de ces derniers parfois volontairement, dans une forme de dédain, et par crainte de la concurrence. Le statut d'auteur est souvent vu comme un moyen de payer moins de charges tout en légalisant sa pratique.

Il y a en outre une confusion entre auteur et art, du fait que l'auteur est considéré par le fisc comme celui qui fait des œuvres. Du point de vue de la propriété intellectuelle il en va de même : le CPI (Code de la Propriété Intellectuelle) protège les œuvres. Même si la notion d'œuvre n'a rien d'artistique, le terme est souvent vu par le public et les photographes eux-mêmes comme pompeux voire prétentieux, assimilé à tort à « œuvre d'art ».

Or certains auteurs font des photos qu'on peut considérer comme commerciales, en tout cas non artistiques. Au contraire, des amateurs de plus en plus nombreux et talentueux font clairement de la photo artistique. L'assimilation auteur/artiste ne fait donc qu'augmenter la confusion et ne fonctionne pas, car la démarche d'un auteur peut ne pas être artistique ou pas seulement (humaine, défense d'une cause, illustration de qualité, etc.).

Les artistes proprement dits, qui sont dans le réseau de l'Art (galeries, international, cotes, enchères, musées), réfutent souvent le terme auteur. À juste titre, car s'ils produisent des œuvres, ce qui est vu c'est leur démarche, leur concept, plutôt que telle ou telle œuvre. Pour la photo d'auteur, artistique mais pas dans le réseau de l'Art, on voit au contraire la photo et pas l'auteur. Pour le public voire les clients, la démarche semble ne pas compter ou compter pour peu.

Bien souvent, on ne fait pas la différence entre un amateur talentueux qui produit quelques superbes photos, sans démarche autre que son plaisir, et l'auteur éventuellement moins talentueux mais qui produit de nombreuses photos, avec une démarche marquée et une personnalité forte, et qui à la longue crée une œuvre. Outre avoir un style, « il y a un bonhomme derrière », comme on dit parfois.

Le fait d'être auteur est souvent assimilé à tort avec le fait d'avoir le statut (auteur libéral). Or on peut être auteur sans avoir aucun statut, si on perçoit des droits d'agence ou de l'édition, qu'on fonctionne en piges pour la presse. La profession d'auteur n'est pas soluble dans le statut fiscal et social !

Comme on voit davantage la photo que l'auteur, ce dernier n'est pas valorisé. Auteur n'est pas vu comme un métier ou une profession. Au point de vue juridique et social, qui dit statut d'artisan dit métier, qui dit statut libéral dit profession. Auteur étant un statut libéral, auteur peut devenir une profession, pas un métier. Typiquement, une profession est organisée, comme les avocats, notaires, médecins, architectes, etc. Toutefois, contrairement à ce que ces exemples laissent supposer, diplômes d'accès et réglementation d'installation et de fonctionnement ne sont pas obligatoires dans la définition d'une profession. Un exemple : consultant, conseil.

Sur un plan plus général, un métier est manuel (production), une profession est intellectuelle (service) ; enfin un artiste produit une œuvre. Une photo est donc à cheval entre les trois. Pour un artisan, ce qui compte est la photo elle-même (mariage, portrait), en tant que profession c'est l'œuvre qu'elle constitue (cession de droits) ; pour un artiste, c'est la cote qui détermine le prix.

Aujourd'hui, auteur n'est pas vu comme une profession. C'est dommage car ceux qui en auraient besoin ne pensent pas à faire appel à l'auteur pour lui demander une intervention, lui commander une exposition, une conférence sur son travail, ou tout type de prestation complexe. À vrai dire, la profession d'auteur reste à définir voire à inventer. En tant que profession, auteur est souvent multicompétences (pas seulement de la photo, donc).

Ajoutons à cela que l'auteur est en général isolé, souvent en partie par choix et caractère, mais également par une forme de désinsertion. Quand l'amateur a de nombreux contacts car il travaille en entreprise, l'auteur est seul avec lui-même. Souvent, il n'a pas la fibre commerciale et n'est pas doué pour le relationnel. Même s'il participe à des forums, cela ne lui donne pas des contacts pour autant, ou fort peu ; en effet, les gens sont là pour poser des questions ou se défouler, et échanger sur leur passion, ils ne pensent donc même pas à faire travailler tel ou tel auteur, alors que parfois ils en auraient l'occasion.

Manquant de contact avec les entreprises, l'auteur a peu de chance de faire valoir son travail, sa démarche et ses compétences pour des expositions, de la décoration de halls d'accueil, de bureaux et de couloirs, ou pour de la communication interne. Quant à la communication externe, il en a souvent perdu le marché car les graphistes travaillent de plus en plus avec les microstoks, ou font eux-même leurs photos.

Le travail de beaucoup d'auteurs est fort peu commercial. Des photos avec un point de vue d'auteur n'ouvrent pas forcément les portes de l'édition qui recherche par nécessité des photos « qui se vendent » (il y aurait beaucoup à dire sur cette notion mais ce n'est pas le sujet). Il est vrai que ce qu'en édition on appelle un livre d'auteur coûte cher à produire et a du mal à trouver son public. Quant à la presse, ce n'est pas ce type de photo qu'elle utilise en général.

Pour autant, ce travail peu commercial n'est pas à même d'entrer dans le circuit de l'Art, où les prix élevés compensent le peu de ventes.

De la sorte, nombreux sont les auteurs qui, quoi qu'il arrive, auraient du mal à vendre suffisamment de photos ou suffisamment cher pour vivre, ou, s'ils y arrivent, n'ont pas assez de trésorerie pour financer expositions et tirages, par exemple. Je ne pense pas que la photo d'auteur puisse se passer de sponsors et mécènes, or il est de plus en plus difficile d'en obtenir. C'est même presque impossible lorsqu'on n'est pas connu, et on devient difficilement connu si on n'est ni dans le réseau de l'Art ni dans celui de la photo dite commerciale (disons : qui se vend facilement).

L'entraide, qui existe entre certains auteurs qui se connaissent, n'est aujourd'hui plus suffisante. Les pistes de sponsors que nous nous passons n'aboutissent pas car le sponsor ne suit en général pas.

En route pour une belle aventure humaine, les amis ! Clic/agrandir (route de l'observatoire de Château Renard, n'est-ce pas tout un symbole ?)

Le diagnostic est donc que l'homme-auteur n'est pas vu, et pas valorisé. On ne voit ni l'homme, ni la profession. On voit seulement ses photos, il n'est pas vu dans sa dimension et dans ce qu'il peut apporter. Il tend à rester isolé, actif mais sans travail. Seul, il n'a aucune chance de valoriser sa démarche et de faire connaître son travail dans sa profondeur. Il reste donc un producteur de photos, n'est pas plus visible qu'un amateur, et il est soumis à la baisse du prix des photos vues comme des produits.

Il semble donc qu'une bonne stratégie soit de porter haut les couleurs de l'auteur, de le porter au rang de profession, d'en faire une sorte de compagnon des temps modernes, un « compagnon de l'esprit ». Si un auteur seul n'est rien, des auteurs ensemble peuvent y arriver. L'auteur étant par essence un être solitaire (souvent), il s'agit de trouver un moyen qui n'empiète pas sur sa liberté d'action. Un regroupement d'auteurs peut déboucher sur une sorte de label.

Un réseau construit sur cette hypothèse valoriserait la profession, et donc chacun. Il permettrait une démultiplication des contacts et l'échange généralisé, sans évidemment se dévoyer. Il apporterait une meilleure visibilité, et un sponsor qui ne souhaiterait pas continuer avec un auteur aurait peut-être envie d'en financer un autre. De même pour une entreprise et plus généralement tout client.

Faire valoir l'auteur plutôt que la photo est un moyen évident de sortir de la crise, voire de la transformer en opportunité. Le client a tout à gagner : d'un côté il continuera à acheter ses photos bateau trois francs six sous, de l'autre il pourra établir de véritables partenariats avec des professionnels qui ont du répondant.

L'auteur y gagnera bien plus qu'une meilleure rémunération : synergies, échange d'idées et de ressources, enrichissement humain par la découverte d'auteurs qu'il n'aurait jamais connu autrement. Les artisans y gagneront indirectement par la clarification et la séparation nette des activités.

L'objectif est de drainer vers chaque auteur des contacts qu'il n'aurait pas eus seul, contacts qualifiés qui permettent du bon travail ; la rémunération est un critère, mais la qualité du contact et du travail en est un autre tout aussi important ; et de drainer également de l'argent (mécènes et sponsors).

Bien sûr, fonctionner ainsi suppose de croire qu'on puisse ne pas être concurrents. Il faut accepter que certains en profiteront plus que d'autres, parfois du simple fait de la nature de leurs photos. Ça fait partie du jeu, et s'il y a commission sur les ventes et prestations obtenues via le réseau, cela peut financer le réseau. Ainsi chaque membre aura lieu de se réjouir des succès des autres. Comme il le saura, ça pourra lui donner meilleur moral !

Un tel réseau est en cours de constitution. Nous sommes actuellement plus de vingt, il est évident que ce nombre va augmenter rapidement. Un forum privé va être créé afin de définir le réseau : nom, image, mode de fonctionnement, structure, critères d'admission, charte. L'un des premiers buts à atteindre est de se connaître suffisamment et de connaître le travail des uns et des autres de manière à enclencher la dynamique du réseau.

Une dynamique de réseau, c'est par exemple : « Tiens, tu fais ça, je ne savais pas ! », et quelque temps plus tard « Ça me fait penser que j'ai un contact qui serait intéressant pour toi et que j'avais complètement oublié, je vais l'appeler et te brancher ». 

Par la suite, un site internet collectif sera construit. On y trouvera un échantillon photographique de chaque auteur, sous forme de galerie(s), une base de données des auteurs avec leur fiche (CV, liens), une base de tarifs pour un minimum d'harmonisation, un blog relatant l'actualité du réseau, le forum privé et un forum clients (avec code d'accès), voie par lequel des clients peuvent se faire connaître et déposer leurs offres de travail. Bref,tout cela reste à définir.

Divers acteurs de la profession, comme iconographes, éditeurs, graphistes, sponsors, mécènes seront invités à participer au réseau. Un mode de travail avec les agences sera trouvé afin de ne pas les concurrencer et de permettre aux auteurs ayant des contrats d'exclusivité de travailler en bonne harmonie avec leur agence et le réseau.

À terme les auteurs deviendront ce qu'il ne sont pas aujourd'hui : des interlocuteurs privilégiés, et une profession identifiable.

En route pour une aventure, humaine avant tout !

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Commentaires

  1. L'aventure humaine !
    Tout un programme auquel j'adhère totalement.
    En ces temps de mondialisation et de nivèlement par le bas, cette démarche mérite le respect.
    Redonner un sens à la notion d'auteur.
    Bref, tu comprends qu'une fois de plus, je partage ton point de vue.
    Amicalement.
    Laurent.

    Posté par Laurent — 15 Fev 2009, 17:50

  2. Je suis toujours étonné par le propos de tes textes
    parce que je te rejoins souvent dans ce que tu veux exprimer.
    Le pendant de tous cela c'est l'humain que tu veux mettre au premier plan, alors que ceux qui est mis en avant aujourd'hui dans cette mondialisation galopante, c'est le produit fini.
    je souhaite que ta pensé et les nôtres ne reste pas une vue de l'esprit, mais passe au concret.
    Amicalement à toi.
    Kutya

    Posté par kutya — 15 Fev 2009, 18:35

  3. L'aventure est commencée, en tous les cas, beaucoup de travail en perspective, avec en Genese ce texte didactique, fondateur de ce qui constituer peut-être un vrai changement !

    Allez, je vais bosser !

    Posté par Cedric Chassagne — 16 Fev 2009, 08:35

  4. Bravo pour ce billet expliquant avec talent le métier d'auteur photographe et ses difficultés.

    J'attends avec impatience l'ouverture du forum afin que chacun puisse expliquer ses ressentis, ses attentes.
    L'idée de ce collectif ou de cette association est une idée géniale qui ne peux qu'aboutir à une reconnaissance et une valorisation de la profession.

    Avec tous mes encouragements pour la suite de cette formidable aventure.

    Posté par Gipé — 16 Fev 2009, 10:15

  5. Très beau texte! Tu as de nombreux talents.
    Ce que tu dis est très bien, mais tu ne vas pas au bout de ta réflexion! Tu fais le constat que pas mal de photographes n'ont pas le temps ou la compétence pour vendre leur "production". Pourquoi ne pas imaginer (peut être que certains le font) confier sa production à un agent, un commercial ou un VRP.
    Certains auteurs veulent produire uniquement ce qui leur tient à coeur, il faudrait qu'ils pensent aussi à faire ce qui peut les faire vivre....
    Bon courage les amis! Perso j'ai 4 activités pour m'en sortir... la photo est secondaire.

    Posté par Daska47 — 16 Fev 2009, 11:25

  6. Bonjour,
    J'avais l'intention depuis longtemps de faire un article sur ce sujet.
    Certains sont tentés par la restauration des confréries du moyen-âge avec rites initiatiques, diffusion contrôlée des connaissances et numerus clausus.
    Vous trouverez ma première approche du sujet sur blog.jluk.fr
    Peut-être pas totalement éloigné de cet article, à quelques nuances près.
    JluK

    Posté par JluK — 16 Fev 2009, 11:38

  7. Laurent, l'aventure humaine dépend de nous. La mondialisation… c'est la crise, qui va s'aggraver en 2009. Or une crise, c'est avant tout une rupture d'état, un après qui qui est un saut par rapport à l'avant. C'est donc le moment !

    Posté par Didier Vereeck — 16 Fev 2009, 12:14

  8. kutya, oui je veux mettre l'humain en avant, et surtout dans ce qu'il a de plus profond. Dans ce qui le distingue de l'animal et de la bête. C'est la dimension que j'essaye d'exprimer dans mes photos, et que j'explicite dans mes textes. Si tu arpentes quelque peu ce blog, tu le verras ! Merci de me lire, en tout cas.

    Posté par Didier Vereeck — 16 Fev 2009, 12:17

  9. Cédric, Gipé et Daska47, merci. Daska, je n'ai pas trop précisé dans ce texte ce que sera ce réseau, volontairement et aussi parce qu'il est à construire. Mais il est évident que d'avoir un ou plusieurs agents collectifs en fait partie !

    Nous sommes en effet souvent pluri-actifs, ça fait parfois notre richesse, quand les autres activités ne sont pas purement alimentaires. Un peu plus tard, nous essaierons d'œuvrer pour un statut de l'auteur qui intègre la pluri-activité, nécessaire financièrement et utile pour nous enrichir d'expériences diverses.

    Posté par didier Vereeck — 16 Fev 2009, 12:21

  10. Jluk, oui ton billet est dans l'esprit de cet article. Je mets le lien complet de ton article :
    http://blog.jluk.fr/index.php/post/Auteur-photographe%2C-profession%2C-statut-ou-récompense 

    Par contre, je préfère ne pas assimiler auteur et artiste : c'est souvent proche mais les deux réalités ne se recouvrent pas. C'est pourquoi je milite pour la reconnaissance pleine et entière d'auteur comme un statut, le terme statut étant pris ici dans son sens général, sociologique, et pas fiscal et social.

    Actuellement nous avons :
    Artisan, commerçant, salarié, libéral. Artiste s'y raccroche, sans être un statut, car par définition, l'artiste est prêt à payer pour travailler, pas les autres catégories. Auteur est confondu avec artiste.

    Je voudrais donc qu'on arrive à :
    Artisan, commerçant, salarié, libéral, auteur, artiste.

    On en reparlera !

    Posté par didier Vereeck — 16 Fev 2009, 12:30

  11. ZUT
    va falloir que je relise tout!! j'ai pas compris la différence entre auteur et artiste!!
    C'est compliqué le monde des photographes!!
    Je croyais qu'il y avait les Artisans, eux ils font des photos et ils gagnent leur vie avec (mal souvent), les Artistes, eux ils font des photos mais peut être qu'un jour ils gagneront de l'argent avec ...et puis les Auteurs.... eux ils savent au départ qu'ils vont avoir du mal à vendre leurs photos et ils cherchent déjà de l'argent pour vivre.

    Posté par daska47 — 16 Fev 2009, 21:49

  12. OUlààà ! ça a l'air intéressant ton affaire mais là j'ai un peu les yeux dans le vague déjà... je viendra relire !
    ça me semble vraiment chouette de pouvoir penser qu'un ensemble de personnes ont le pouvoir de faire bouger les choses...
    Sans vouloir paraître sceptique, il me semble que le risque, c'est de voir le "réseau" envahi (et là se pose le problème de la sélection des "membres") par des personnes en mal de contacts mais qui n'ont pas grand chose à proposer ! La raison d'être d'un tel système est l'échance, le fait que chacun puisse apporter aux autres... et faut être vigilant, je pense, pour que certains ne soient pas là que pour vampiriser les autres. Jaurais tendance à penser que ceux qui souhaiteraient participer à un tel groupe seraient justement ceux qui sont en mal en contact. Et je doute qu'un réseau de looseurs (je caricature un peu mais je considère que je fais partie du lot) ne nous fasse avancer de beaucoup.
    Personnellement, j'ai déjà l'impression que j'aurais bien peu à proposer aux autres au niveau contacts, opportunités... mais bon, peut-être est-ce les contacts que certains voudraient bien m'apporter qui me permettraient d'avoir plus de richesse, moi-même, à proposer ?

    Bon, j'espère ne pas être trop à côté de la plaque... comme je te le disais, je suis un peu fatiguée là...

    Bon ben.... bonne nuit !

    Posté par Anne-Laure — 16 Fev 2009, 22:46

  13. J'ai vu sur un certain forum quand tu as lancé l'idée.

    J'imagine que cela faisait un moment qu'elle germait dans ta tête.

    En tout cas, je trouve ton texte très fort, il montre une certaine réalité des choses que beaucoup ignore.

    Et la solution que tu proposes est réellement bien pensée je trouve

    Bel article, belle initiative ;)

    Posté par Darth — 17 Fev 2009, 10:02

  14. daska, je ne vois pas ce que tu n'as pas compris car tu résumes bien ?

    J'ai séparé auteur et artiste car l'auteur n'est pas toujours artiste, et l'artiste pur ne fait en général pas de cessions mais seulement des ventes d'œuvres.

    En général, auteur et artiste sont des univers fort différents.

    Mais il n'y a pas d'oppositions.

    Posté par Didier Vereeck — 17 Fev 2009, 19:52

  15. Anne-Laure, il est évident que beaucoup de ceux qui participeront seront justement en manque de contacts, mais pas tous (d'après la liste des inscrits, c'est loin d'être le cas).

    Mais un réseau ne fonctionne pas uniquement avec des gens qui ont un gros carnet d'adresses. Il fonctionne surtout avec les synergies imprévues et imprévisibles qui se créent.

    Peu importe le nombre de contacts, si l'un d'eux est décisif !

    Un jour, quand j'avais une Sarl de formation, je suis passé sur le 6 minutes de M6. à ma grande surprise, ça n'a débouché sur aucun contacts. Sauf qu'un an après, j'ai eu un appel, qui était une conséquence directe de cette minute de télé, et qui m'a assuré de beaux jours pendant un sacré bout de temps et, cerise sur le gâteau, plein de rencontres riches sur le plan humain.

    Posté par Didier Vereeck — 17 Fev 2009, 19:57

  16. Oui Darth, cela germait depuis un moment. J'ai pas mal retourné le truc. Mes participations au forum ont dégrossi la question. Et aujourd'hui, tout est très clair !

    L'aventure a commencé !

    Posté par Didier Vereeck — 17 Fev 2009, 19:59

  17. Lorsque je visite chaque jour les blogs du WallStreetJournal (blogs.wsj.com), comme ce matin, ou celui du BostonGlobe (boston.com/bigpicture), je me dis que ces journalistes sont incontestablement des auteurs, même si ce n'est pas l'objet initial de leur démarche.
    Ensuite, c'est gens là et de nombreux photographes vendent des tirages. C'est le Gral de tout photographe de vivre de la vente de ses tirages, certains ont même leur propre galerie.

    Ne vouloir ne vendre des tirages ou éditer des livres, c'est un choix, pas une particularité.

    Posté par JluK — 18 Fev 2009, 08:33

  18. JluK, il me semble qu'on est d'accord : auteur est celui qui a autorité sur son œuvre (étymologiquement), qui peut prendre diverses formes.

    C'est pourquoi il serait intéressant d'aboutir à un statut unique.

    J'ai distingué auteur et artiste parce que pour moi, c'est l'artiste qui est à part, et qui souvent le revendique. Il y a un circuit très spécifique. Un auteur qui se sent artiste, et vend des tirages, n'entre pas pour autant dans ce circuit.

    Je ne suis tout de même pas attaché à distinguer auteur et artiste si ça pose problème, ça me paraît juste une clarification nécessaire (et déculpabilisante). Auteur recouvre des réalités fort diverses !

    Posté par Didier Vereeck — 18 Fev 2009, 09:15

  19. encore un article très très intéressant... d'autant plus qu'il propose de lancer un mouvement collectif "concret" pour soutenir les auteurs photographes : je ne puis que saluer cette initiative !
    Avec tant d'enthousiasme, ça donne envie de participer à l'aventure...

    Posté par Frederic T — 18 Fev 2009, 19:30

  20. Beau texte... un projet de collectif intéressant... Que dire ? que le monde des auteurs est en pleine et constante évolution, pour ma part je m'éloigne de plus en plus du milieu photographe, les confusions des statuts fiscaux avec la réalité (je suis auteur photographe pour l'administration, dans la vie seulement quand je rencontre un public qui voit mes photographies et parfois passe à l'acte d'achat d'un tirage), le prés carré de certains, la notion d'être artiste ou pas !!! La photo sous forme dématérialisé en fichier informatique n'est rien, le tirage sur support donne une existence à l'oeuvre .
    L'auto diffusion dans le monde littéraire prend de l'importance , la photo dans ses modes de diffusion a de mon point de vue loupée le coche pour l'instant, marge en baisse pour les agences et les photographes, concurrence des microstocks et licence CC ... la diffusion rémunérée par la publicité est le modèle économique du moment . Une vraie réflexion de tous est nécessaire , un réseau à condition de proposer une vraie alternative est certainement une réponse possible , merci .

    Posté par François Gorson — 19 Fev 2009, 16:11

  21. Je reviendrai par un autre article pour annoncer la naissance du réseau. C'est sur les rails, c'est bien parti mais il reste encore bien des choses à structurer. Ça ne sera évidemment que ce que les membres en feront.

    FrédéricT, pourquoi ne pas participer, en effet !

    François Gorson, l'autodiffusion dans le monde littéraire reste tout de même marginale en nombre d'exemplaires vendus. Par contre en photo, il y a sûrement quelque chose à faire et nous y travaillons activement.

    Quoi qu'il en soit, je fera le point régulièrement ici par des articles.

    Posté par Didier Vereeck — 20 Fev 2009, 12:42

  22. Salut Didier!! et les autres
    j'ai une question capitale à te poser!
    Ma fille 15 ans voudrait se lancer dans la photo....
    (elle a du remarquer le plaisir que j'y prenais)
    que lui conseillerais tu??

    Posté par Daska47 — 20 Fev 2009, 21:43

  23. Eh bien, tout dépend de ce qu'elle appelle se lancer dans la photo !

    Si c'est en faire, débuter, qu'elle le fasse. Si c'est envisager artisan, journaliste ou auteur, c'est une autre affaire, ça s'étudie mais ça ne se brime pas et il est important de ne pas la décourager par des mises en gardes trop fortes.

    En plus, le monde change vite en ce moment, ce qui est vrai aujourd'hui ne le sera certainement plus demain…

    Bref, il nous faut plus d'informations !

    Posté par didier Vereeck — 21 Fev 2009, 07:54

  24. Bravo Didier,
    Un beau texte "fondateur" et plein de belles idées.. Pour ma part je suis une chouille "hors cadre" dans une telle aventure étant délibérément plus artiste que quoi que ce soit d'autre et vivant surtout de la vente de tirages....
    Mais encore bravo pour l'initiative et le temps passé pour notre métier et ceux qui l'exercent ou le pratiquent occasionnellement.
    Toute mon admiration,
    amicalement

    Bruno

    Posté par Bruno Mercier — 01 Mar 2009, 23:59

  25. Mais dans cette aventure, il y aura de purs artistes. La dimension artistique sera même majoritaire. Simplement, nous ne voulons pas nous couper des auteurs qui participent de ce que j'appelle l'auteurité sans pour autant être très axés artistique.

    Posté par Didier Vereeck — 02 Mar 2009, 11:41

  26. Bonjour,

    Touché ! Je tiens à vous dire bravo... et merci !
    Je ne m'étendrai pas ici, pourtant l'envie de "polluer" ce fil par des compliments me taraude !

    Cette solitude, si savoureuse lors d'un repérage, devient un vrai bourbier sur le chemin du retour.

    Encore bravo pour cette impulsion collective enthousiasmante !

    Marc

    Posté par Marc Barrere — 12 Mar 2009, 15:24

  27. Marc, vous ne risquez pas de polluer, bien au contraire.
    Je vous tiendrai au courant ici-même de l'avancée de ce projet de réseau, actuellement bien sur les rails.

    Posté par Didier Vereeck — 13 Mar 2009, 09:41

  28. Bonjour,

    Votre démarche est salutaire, mais n'existe-t-il pas déjà une association comme l'UPC qui prend soin des auteurs ?

    Posté par sanmichele — 19 Mar 2009, 13:36

  29. Notre démarche n'a rien à voir avec l'UPC car l'UPC n'a de visée ni artistique, ni philosophique, ni commerciale.

    En outre, nous n'avons pas l'intention de « prendre soin des photographes » mais de nous retrousser les manches pour nous aider les uns les autres.

    Posté par Didier Vereeck — 19 Mar 2009, 16:06

  30. L'union pour la visibilité de l'individu, il s’agit sans doute de l'instinct grégaire ?
    Je suis séduit par cette "aventure", bien qu'elle soit un avatar de plus du "village planétaire" du WEB.
    Internet a donné le jour à de nombreuses communautés fondées sur ce principe général.

    Ce qui est frappant c'est ceci.
    "Faire valoir l'auteur plutôt que la photo est un moyen évident de sortir de la crise."
    Faire valoir l'humain plutôt que le message, est sans doute un moyen de sortir de la crise individuel, mais pas de la crise qui touche notre Humanité.
    Dans cette perspective, il me semble que l’auteur est totalement vidé de toute démarche artistique.

    Posté par Eliosocpe — 24 Juil 2009, 13:20

  31. C'est l'inconvénient de tous les raccourcis que de faire parfois comprendre autre chose. Je ne pense vraiment pas que la démarche soit de se départir de la démarche artistique, bien au contraire !

    Posté par Didier Vereeck — 02 Aou 2009, 17:18


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