[Poèmes et photos : haïku] Écouter
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J'aime entendre le bruit de la pluie
et du vent
Mais j'écoute le soleil
J’aime et entendre sont deux mots de niveaux logiques tout à fait différents. Entendre concerne nos sens, nos perceptions, c’est le niveau le plus proche de la réalité que nous puissions avoir. Aimer est un sentiment…
En vérité une conception, une définition, surtout par sa généralité : j’aime entendre… mais est-ce que j’aime vraiment tout le temps entendre le bruit de la pluie et du vent ? Sûrement pas.
Le fait d’accoler ainsi deux niveaux logiques est un raccourci de notre système de pensée. Le verbe « aimer » court-circuite en quelque sorte l’action d’entendre, car il en fait une préférence générale, donc fausse.
Vient ensuite une deuxième opposition entre entendre et écouter. Entendre possède en lui-même deux niveaux : il peut décrire la simple perception de son ou au contraire la compréhension de quelque chose (« j’entends bien, oui »). Ce double niveau pour un mot montre à quel point notre façon de percevoir est intellectuelle.
Écouter est davantage centré sur le son mais suppose une participation active. Intuitivement, on sait qu’écouter est difficile, car écouter requiert de l’attention.
L’attention est ce qui différencie le sage de l’homme ordinaire (souvent la même personne).
Écouter le soleil est bien évidemment impossible, et c’est ce qui confère à l’acte d’écouter quelque chose de mystique. On pourrait tout aussi bien écouter les mystères ou l’univers que le soleil.
« J’écoute le soleil » est un aphorisme zen, du même ordre d’idée « qu’écouter le bruit d’un applaudissement d’une seule main ».
L’impossibilité d’écouter le soleil rend le fait d’écouter un acte de foi, à l’opposé d’entendre le bruit de la pluie et du vent qui est essentiellement une routine mentale, un acte prédéfini (j’entends parce que j’ai décidé que j’aimais).
La photo renforce l’aspect spirituel du haïku car elle ne montre pas le soleil mais son reflet. La photo nous rappelle ainsi que le monde ici bas n’est qu’un reflet du monde d’en haut, je veux dire du véritable monde d’en haut, à savoir l’esprit, Dieu, la création, appelez-le comme bon vous semble.
On peut aimer le bruit de l’eau qui gargouille suggéré par la photo, ou regarder le reflet du soleil mais en regardant on ne voit rien, alors peut-être vaut-il mieux écouter ?
Ou encore s’extasier ? Quand on pousse un bruyant « Wouah ! » à propos de ce reflet orange, on s’émerveille, on sollicite son cœur – et peut-être à ce moment-là écoute-t-on le soleil. Car au fond, de quel soleil s’agit-il ?
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22 Février 2009 à 15:17 dans
- HAÏKU


l'héliosismologie!
On peut réellement écouter le soleil. En fait, en astrophysique on écoute respirer le soleil. Ce qui apprend une quantité de chose incroyable sur notre astre, notamment son âge.
Plus sérieusement, j'ai adoré ton texte, il me parle.
Si je n'écoute pas le soleil en particulier, j'adore écouter le ciel.
Parfois je m'assied pour observé les étoiles (qui sont des soleils en fait) et j'aime les écouter!
Ton texte me touche beaucoup, et le plus drôle, c'est qu'en plus de m'y retrouver, j'ai aussi fait Wouaw en voyant ce magnifique reflet orange dans ta très belle photo!
Posté par Darth — 23 Fev 2009, 08:11
Ah oui, tiens, je n'avais pas pensé à l'aspect écoute de l'univers en astronomie ! Écoute d'ailleurs un must dans les films de science-fiction.
Ton post me rappelle ma jeunesse, où je dormais plus souvent à la belle-étoile que dans un lit, et où comme toi je passais beaucoup de temps à écouter le ciel.
Content de t'avoir touché !
Posté par Didier Vereeck — 23 Fev 2009, 08:18